mercredi 16 juillet 2014

Il est cinq heures



Vous vous souvenez, la semaine dernière? Un passage éclair à Paris... 

Oh!

Même pas trois jours... deux nuits...

Entre amies...

Juste le temps, 

de...


-Me rendre compte que Paris est une ville magnifique. J'en avais le souvenir d'une ville démesurément grande (oui, à Rome, par exemple, tout est faisable à pied, tout est beaucoup plus concentré...). J'avais en tête une capitale où tout est cher, où l'on trouve des pommes dans des barquettes en polystyrène recouvertes de film plastique. (J'avais regardé cela comme E.T découvre le légo.) Où les voitures klaxonnent, où les gens se bousculent, surtout quand je sortais du métro et que je restais en plein milieu pour regarder très vite de droite à gauche vers quel côté me diriger, et que, derrière, un troupeau de buffles menaçait de m'écraser telle Simba dans le Roi Lion. Où je devais me serrer le plus fort possible vers la droite sur les tapis roulants sous peine de me faire traiter de tous les noms. Où personne n'aurait proposé de m'aider à tirer ma valise, alors que, chez moi, dès que je porte quelque chose d'un peu lourd ou encombrant dans la rue (je l'ai vérifié pas plus tard qu'hier!), chaque passant, un par un, me propose en souriant son aide tranquille. Où les commerces sont toujours ouverts, les rues toujours bruyantes, où rien ne se repose, où rien ne prend le temps.
Eh bien... J'ai révisé mon jugement.
J'ai eu le chance d'avoir une guide de choix, aussi. Elle a su dompter Paris comme elle doit dompter ses chevaux du Sud. Elle a eu la finesse nécessaire pour savoir ce qui me plairait, pour cerner ce qui ferait battre mon cœur. Elle n'a pas eu la prétention de me faire passer deux jours inoubliables, elle l'a pourtant fait en toute simplicité.

-Me balader dans plein de jolis quartiers. Le Marais. La Cité, le quartier latin. Découvrir, redécouvrir. M'enfoncer dans les ruelles.

-Voir des merveilles, m'offrir (trop) de trésors, craquer sur des robes, arpenter les dépôts-ventes, dénicher une petite veste noire du début du XXème siècle, faire ma gourmande à des tables délicieuses. (La palme à... Soya.) 

-Craquer chez Mariage Frères et m'offrir trois thés qui sont des tueries intersidérales.

-Passer des heures chez les bouquinistes et les antiquaires. Rester jusqu'à  la dernière minute avant mon train chez Gibert Joseph.

-Me balader au petit matin dans Saint Germain, à l'heure où les pavés reflètent les premiers rayons de soleil, où les parisiens se réveillent tout juste, avec la tête encore vibrante des agapes de la veille, et goûter cette lumière et cette atmosphère fabuleuse.

-Me promener dans des passages. Avoir une pensée affectueuse pour Zola en entrant dans les Galeries. Avoir une pensée affectueuse pour Hugo en restant de longues minutes debout au pied de Notre Dame. (Mon roman préféré, s'il en est.)

-Marcher, marcher, marcher, à en avoir des courbatures pendant trois jours, moi qui était fière de mes 10 km de course quotidiens. Presser le pas pour arriver à temps dans la Sainte Chapelle pour un concert de Vivaldi. Perdre mon parapluie, le retrouver. Croiser des commerçants adorables. Réviser mon avis sur l’antipathie des parisiens.

-Suivre les itinéraires incroyables de ma guide, qui se trouve aussi être la plus belle femme du monde. Découvrir des adresses de boutiques que j'aurais dû prendre en note. M'offrir une eau de rose d'une qualité que j'ignorais, et une huile pour le visage d'une qualité dont je n'aurais même pas pu rêver chez Senteurs de Fées. 

-Retrouver une autre amie chère, partager avec elle soir et matin, partager son sourire, lui montrer comment je suis dans ma nouvelle robe verte, regarder son classeur de cuisine, regarder ses livres en anglais. Lui faire promettre de jouer à la souris des villes chez la souris des champs et de venir chez moi, bientôt, très bientôt.

-Avoir les oreilles qui bourdonnent une fois chez moi, la porte refermée. Avant de repartir pour la mer. Regarder ma petite campagne, écouter le vrai silence. Me dire que je suis bien ici. 
Mais que là-bas, c'est bien aussi, et que j'ai déjà hâte d'y retourner.


Donc voilà...un petit souvenir.
C'est très imparfait, et j'ai longtemps hésité à le partager ici, dites-moi ce que vous en pensez, s'il vous plait...
J'avais envie de vous montrer plein de petites choses sous une nouvelle forme.
Accrochez-vous, cela va assez vite, parce que lorsque je fais des petites vidéos, j'ai la fâcheuse manie d'accorder une importance énorme à la cohérence rythmique entre image et musique (Call me Psychorigide un brin maniaque. Que voulez-vous.)
La vidéo est un mode d'expression que j'aime beaucoup, je n'avais jamais songé à en bloguer.
Deux jours en deux minutes...
Les photos et le montage ne sont pas de très grande qualité. J'avais envie de profiter du moment et de ne pas prendre du temps avec mon appareil photo plus qu'avec mes délicieuses compagnies. C'est donc un souvenir tout simple d'une atmosphère dont je garderai longtemps la délicieuse réminiscence.



2 days in Paris (girl-trip) from Pincdecel on Vimeo.

jeudi 10 juillet 2014

Encerclée

Bonjour les amis!

J'ai hâte de vous raconter un peu d'un mini-périple parisien !... Mais avant...
J'avais envie de vous parler en toute simplicité d'un nouveau repas. Oui, parce que, c'est pas tout ça, mais les vacances, ça creuse. En plus, vous m'aviez demandé d'autres idées de dîner...


Alors, après les grissini, virons de forme.


 




Il y eut le long, voilà le rond, il y eut la flèche, voilà la courbe.
Du trait droit, passons au cercle.
Du grissini, passons au bagel.

Les Italiens disent «maigre comme un grissini ». Je vous propose de quitter la maigreur et de retrouver le bombé, le dodu, le moelleux.


Cercle.


Un cercle. La forme est simple. On apprend aux touts petits à la dessiner sans lever son crayon, aux plus grands à le dessiner avec un compas, on agrandit le cercle de ses amitiés en même temps que le nombre de ses années, 365 jours, un cercle complet. On le dessine avec le pouce et l'index pour dire que tout va bien, on passe notre vie à entourer ce qui vaut le (dé)tour, à courir après le cercle de la montre, à réduire de périlleuses quadratures de cercles, à chercher des rondes avec ceux qui ont une valeur infinie. Infinie, comme deux petits cercles.
On tourne dans un monde pas toujours très rond, sans prendre le temps de regarder le cercle du soleil se lever et se coucher, sans prendre le temps d’aller vers l’autre en ligne droite, sans regarder notre ombre longue sur le sentier que nous choisissons. E pur, si muove. Et pourtant, elle tourne.
C’est le sens de « révolution » : un tour. Un volte-face. Combien de voltes-faces depuis qu’elle tourne autour du soleil ?


« Pourquoi est-elle ronde ?

-Parce qu’elle tourne !

-Pourquoi tourne-t-elle ?

-Parce qu’elle est ronde... »

(Jacques Prévert, dans le Roi et l’Oiseau)





C'est sans doute une des figures les plus belles. Une des plus simples, aussi, mais tellement riche, pour le mathématicien, pour le géographe. Aucune droite, que des courbes.
Je pensais, en regardant mes petits cercles dorés, au Chercheur d'Or de Le Clézio. (D’ailleurs, dans « Or », on voit et l’on entend tellement le rond ! ) C'est un beau livre qui m'est cher, et dans lequel, sans vous dévoiler toute l'intrigue, le narrateur revient à la fin à son point de départ, dans lequel la narration est finalement...cyclique. Je ne connais pas vos goûts de lecteurs, mais moi, ce sont mes romans préférés, ceux qui s'achèvent par un retour au commencement, mais comprenant une évolution interne ; ceux dans lesquels la boucle est bouclée, mais dans lesquels il y a eu évolution. Un retour aux origines mais avec quelques billes rondes dans le creux des mains. Quelques pétales en confettis.
Le retour sur soi, c’est si difficile, et si joli que ce n’est pas étonnant que la figure soit si périlleuse. Retomber sur ses pieds après avoir fait la roue, retrouver l’équilibre après avoir pris le temps de se regarder soi-même, cela tient de l’exploit sportif, intellectuel, vital pourtant.
Prenons le temps de faire des cercles.
Prenons le temps de faire des retours sur nous-mêmes, des voltes-faces pour regarder le chemin parcouru, des détours qui font de nos routes des danses arrondies et non des autoroutes droites.

Prenons le temps de dessiner avec nos bras des cercles autour de ceux qui sont la musique de nos danses.


Pardonnez ce texte bien pourri. J'ai les neurones en vacances. Mais je le laisse quand même ici, voilà, parce que, publier des recettes sans les entourer de quelques mots, je n'aime pas ça. Attendez, je relis, quand même.
 ...
 Encore toutes mes excuses, je viens de me relire, c'est navrant, vous avez le droit de vous moquer. Je suis sûre que c'est parce que je ne lis plus que Mickey-parade depuis une semaine. Vous avez le droit de vous goinfrer de bagels, aussi, parce qu'ils sont vraiment bons, je vous promets,you can be sure my bagels are better than my words!
En tout cas, je veux bien un autre texte sur le cercle, des idées, quelqu'un?...



Bagels aux courgettes jaunes et salade aux petits pois (tous ronds)

(veganfood, slowfood, superbonnefood)

 



-Pour les bagels

Note : les bagels sont un grand classique de la cuisine outre-atlantique. C’est la formidable Asima qui m’a tentée en en publiant de photos sur Instagram. En France, ils sont très difficiles à trouver. Je crois que dans des villes de taille raisonnable, c’est envisageable (et encore!) mais, moi, ici...

Donc, pour les bagels, il faut se remonter les manches ! Ne soyez pas effrayés, la recette est finalement assez simple, et vaut totalement le coup, d’autant plus qu’ils se congèlent parfaitement.

Ce qu’il y a de bien avec les bagels, c’est que, comme les petits pains, burgers ou joyeuses crêpes, ils sont variables à l’infini, en fonction de vos envies, de la saison, ou des contenus du placard. Merveilleux, un nouveau caméléon dans vos soirs de semaine, sain, gourmand, et tellement NY style ! 




-300 g de farine de seigle intégrale
-350 g de farine de blé complète
-1 cuillère à soupe de sel
-1/2 cube de levure fraîche (ou un sachet de levure à pain sèche)
-280 ml d’eau tiède
-100 ml de lait végétal
- 1 cuillère à soupe de mélasse (ou sirop d’agave, ou sucre!)
-4 cuillères à soupe d’huile d’olive

*Version MAP :
Mettez les ingrédients liquides dans le fond de la cuve, puis ajoutez sur le dessus les farines, le sel dans un coin, la levure sèche dans l’autre (ou le ½ cube de levure fraîche préalablement mélangé à 2 cuillères à soupe de lait végétal tiède), et lancez le programme pâte. A la fin du programme, déposez la pâte dans un saladier.

*Version à la main :
Mélangez les farines et le sel. Dans un petit bol, délayez la levure fraîche ou sèche à 2 cuillères à soupe de lait végétal tiède. Dans un autre saladier, mélangez l’eau tiède, le lait, la mélasse et l’huile d’olive.
Ajoutez progressivement le mélange liquide aux farines. Mélangez à l’aide d’une cuillère en bois.
A la fin, ajoutez le petit bol contenant la levure.
Mélangez pendant une dizaine de minutes, pétrissez à pleines mains, puis formez une boule, mettez-la dans un saladier et couvrez-le d’un linge humide, et laissez-le reposer pendant au moins 2h dans un endroit plutôt chaud.

Dégazez la pâte (chassez l’air qu’elle contient en la retournant quelques fois dans le saladier.), puis mettez le saladier au frigo pour la nuit.

Le lendemain, sortez la pâte et laissez-la respirer quelques minutes. Pendant ce temps, mettez une grande casserole d’eau à bouillir, et ajoutez-y une cuillère à soupe de sirop d’érable et une cuillère à café de bicarbonate de soude.
Préchauffez votre four le plus chaud possible.

Divisez la pâte en 7 boules. Façonnez chaque boule en bagel : aplatissez légèrement la boule, puis, à l’aide d’un doigt, creusez un trou au centre, que vous agrandirez en le faisant tourner autour du doigt. (Il ne faut pas hésiter à faire un trou plutôt large, parce que les bagels vont gonfler et le trou aura tendance à se refermer.)
A l’aide d’une écumoire, plongez les bagels formés deux par deux dans le bain d’eau bouillante, et laissez-les deux minutes pocher joliment. Ressortez-les délicatement (toujours avec l’écumoire) et déposez-les sur un torchon propre.

A ce stade, trois possibilités : soit vous laissez vos bagels tous nus (ils seront alors « plain »), soit vous les parsemez de graines de sésame, ou de pavot. J’avoue que je fais souvent les trois dans la même tournée.
On peut aussi dorer le dessus des bagels au lait végétal, mais j’aime bien qu’ils soient un peu roots...





Baissez votre four à 180° et enfournez. (Pour ma part j'ai un petit four et je fais deux tournées, cela me permet de m'occuper des autres bagels à tremper dans leur joli bain de bicarbonate...)
Faites cuire une vingtaine de minutes, jusqu'à ce qu'ils soient dorés.
Laissez-les refroidir sur une grille.
Congelez les bagels qui ne serviront pas tout de suite. Il suffira de les laisser décongeler à température ambiante ou à four doux ensuite.


Le repas-cercle



-Pour la salade, par personne :

Quelques feuilles de laitue
Une tomate
2-3 champignons gris
Une poignée de petits pois frais.



Oui...des petits pois crus ! Vous n’avez jamais essayé ? Pourtant, s’ils sont bien frais et jeunes, c’est un régal ! Oui, même pas besoin de faire bouillir de l’eau, ni d’allumer un four, recette idéale pour un soir d’été...

Sauce :
-2 cuillères à soupe d’huile de noix
-1 cuillère à soupe d’huile de sésame
-1 cuillère à soupe de vinaigre de cidre
-Un tour de poivrier
-Pour un bagel (à démultiplier!)
-Une demi courgette jaune
-2 cuillères à soupe de yaourt de soja
-Quelques graines d’anis (qui ont la bonne idée de s’entendre parfaitement avec la courgette)





-Dressez les bagels au dernier moment :
Épluchez la courgette si elle n'est pas bio. Découpez la, crue, en rondelles fines. (On peut remplacer par une courgette verte classique.)
Découpez un bagel en deux, toastez-le (au grille-pain).
Étalez sur chaque face un peu de yaourt de soja.
Ajoutez quelques rondelles de courgette jaune.
Saupoudrez de quelques graines d’anis (ou de fenouil)
Salez, poivrez, refermez.

Nota benêt :
Tout est bien-sûr variable à l'infini.
Si vous n'avez pas de bagel et que l'entreprise vous semble risquée, mettez cette petite garniture dans des pains à burgers, ou deux tranches de pain (de campagne, de mie....) toastés. Mais essayez l'association courgette (jaune, si vous en trouvez, c'est tellement bon!), et anis, vous m'en direz des nouvelles!)