La pincée de cél

jeudi 16 octobre 2014

Giovedi gnocchi



...C'est jeudi, c'est gnocchi!
Vous êtes gnocchi, vous ?...
Moi, à fond.
Deux gnocchi à la place des yeux.
Gnoccoholic.


En vrai, cela fait quelques années que j'avais découvert avec l'émerveillement de l'enfant qui ouvre une boîte de playmobil (ceux avec le cheval Prince Noir et la carriole avec des vraies roues qui roulent) que les gnocchi étaient très enclins au fait-maison. Ils sont même d'une simplicité désarmante, puisqu'ils ne nécessitent rien d'autre que trois ingrédients, quelques minutes devant soi, et des mains qui s'amusent à rouler des boulettes en écoutant une musique sympa, ce qui remplace n'importe quelle activité relaxante du soir. (Parfois, plutôt que le yoga, une bonne séance de gnocchi, et ça repart.)
Autre (très) grand avantage aux gnocchi maison : ils sont très peu chers. Alors que des gnocchi achetés dans un plastique au rayon frais (bio ou non) reviennent rapidement à 12 euros le kilo, les gnocchi maison coûtent environ 4 euros le kilo. Soit moins d'un euro par personne.
Ah oui, encore un avantage : ils sont constitués d'ingrédients simples et accessibles. Bruts. Ils sont customisables à souhait, on peut rajouter l'herbe ou l'épice que l'on veut, mais j'avoue que je préfère les faire nature pour varier l'accompagnement, et en revenir ainsi à l'essentiel, la vraie cuisine italienne humble et simple, nourrissante et épurée de fioritures.
Dernier atout (cœur) : ils se conservent très bien au frais (voire au congélateur).
Ah oui, et joker...
C'est bon.
Surtout lorsqu'on les accompagne d'une poêlée de légumes toute simple et de quelques noisettes, juste assez petites et rondes pour s'entendre avec eux...


Convaincus ? Prêts à gnocchiser, les gnoccocos ?

Bon.





Etape 1 : réunir les ingrédients.
Des patates, un jaune d'œuf (facultatif), de la farine.
Vous suivez, jusque là ?...

Etape 2 : Faire cuire les pommes de terre AVEC la peau (grand commandement de toute bonne purée : il faut éplucher aprèèèès cuisson. Sinon, grand malheur, calamitas, horribilis, horresco referens, va brûler (tes doigts) en enfer de la patate.
Attendre donc qu'elles refroidissent et éplucher.

Etape 3 : Réduire en purée avec une fourchette (ou un presse-purée, mais je n'en ai pas. C'est un sujet sensible chez moi, ne cherchez pas. Donc bon, à la fourchette, ça marche.)
Ajouter le jaune d’œuf et la farine.
La difficulté est de fariner suffisamment pour obtenir une pâte maléable, mais pas trop non plus, sinon les gnocchi perdent en moelleux. J'aime bien utiliser 150 à 200 g de farine pour 600g de pomme de terre, mais libre à vous d'adapter, selon la texture du moment, il en faut parfois plus, parfois moins.
Parfois, je mets moitié farine, moitié semoule très fine de blé dur, comme pour des pâtes, ce qui est réellement bon.

Etape 4 : (Attention, 3 levels.)

Level 1 : Former des boudins.


Level 2 : Couper les boudins. (Vous suivez?)

 

Level 3 : Rouler dans les mains farinées pour former des gnocchis.

 

(Pour finir le Super Mario Boss level, on peut donner aux gnocchi leur petite forme caractéristique à l'aide d'une planche à gnocchi. On peut également se servir des dents d'une fourchette (décidément, la fourchette est votre amie dans cette histoire). Mais j'avoue que l'idée d'avoir une petite planche à gnocchi faisait partie de mes rêves les plus fous, on ne se refait pas. Sauf qu'en France, c'est plutôt introuvable, bien que très commun en Italie. Ainsi, quand, dans une boutique florentine, j'en ai trouvé une, posée comme un accessoire évident entre les machines à café et les passoires, je n'ai pas résisté : malgré mon engagement à la Vie à la Mort de ne rien ramener de mon voyage, j'ai réussi à trouver une place pour elle dans ma valise, et je la sors religieusement avec tout l'amore du monde.)



Etape 5 : faire cuire les gnocchi quelques minutes dans l'eau bouillante (je compte environ deux minutes : juste le temps qu'il leur faut pour remonter à la surface de la casserole), et les retirer à l'aide d'une écumoire. Plongez-les alors dans un saladier plein d'eau avec quelques glaçons, pour arrêter la cuisson.

Généralement, je réalise ces étapes l'après-midi, pour manger les gnocchi le soir. Mais on peut tout faire le soir même. On peut aussi les conserver au frais un ou deux jours à ce stade.
Au moment du repas, il suffit de déposer les gnocchi dans une poêle légèrement huilée pour les faire dorer légèrement, et de leur rajouter l'accompagnement qui nous plaît.

Je vous donne la recette de cette assiette-là, mais amusez-vous !


Gnocchi à la sauce tomate, noisettes et basilic

 Pour deux personnes

Pour les gnocchi :
300g de pommes de terre (plutôt farineuses)
100g de farine (intégrale)
1 jaune d’œuf (facultatif, mais il faut alors ajouter un peu de farine)

Accompagnement :
3 tomates
½ poivron rouge
Quelques feuilles de basilic
Une poignée de noisettes
Faites les gnocchi comme indiqué, jusqu'à les pocher dans l'eau bouillante, soit juste avant le repas, soit plus tôt.
Faites dorer les noisettes grossièrement concassées une dizaine de minutes dans le four ou dans un poêle à sec.
Au moment du repas, faites chauffer dans une poêle un peu d'huile d'olive. Faites fondre un peu les lamelles de poivron et de tomates.
Retirez-les de la poêle, disposez-les dans deux assiettes creuses, et couvrez-les pour conserver la chaleur.
Dans la même poêle, rajoutez un filet d'huile d'olive, et disposez les gnocchi.Faites-les sauter à feu moyen quelques minutes, puis déposez-les sur le dessus des légumes. Ajoutez dans l'assiette quelques feuilles de basilic, quelques copeaux de parmesan, et les noisettes.

Salez, poivrez.












mercredi 8 octobre 2014

Beau gosse




L'autre jour, je m'interrogeais sur la séduction.
Masculine, je veux dire.

Sur ces hommes que l'on trouve beaux, par écran interposé ou non.
Ce vaste sujet se présentait à moi suite à une question du séduisant qui partageait mon canapé, et qui me disait, très naturellement, non, Sandrine Kiberlain, je ne la trouve pas séduisante. Jolie, peut-être, dans l'absolu, mais pas séduisante, je n'aime pas trop.
Autant vous dire que je m'insurgeai, en roulant des yeux incrédules, et que je répliquai que je lui trouvais une force de séduction incroyable, digne de tous les égards masculins et de toutes les jalousies féminines.
Mais non, répétait le Juge suprême, moi, je ne la trouve pas séduisante.
(La beauté, la vraie, la subjective, a ses raisons que la raison ne connaît point.)

Avant de continuer à défendre bec et ongle l'actrice que j'admire et qui n'a à mon sens aucune nuance à recevoir en matière de séduction, je pensais à la situation inverse. A toutes les occasions où l'on nous présente un homme, acteur, chanteur, sportif, ou toute autre profession en fait, comme « terriblement séduisant », « homme de l'année », traînant les cœurs derrière lui plus encore que jadis ne l'eût fait Alexandre en revenant des plaines de Flandre, et que je dis que moi, je ne le trouve pas beau, non, rien à faire, il ne me fait aucun effet. Souvent je rajoute « toi tu es mieux », ce qui fait briller une lueur de satisfaction presque enfantine dans les yeux noirs du Juge blasé de la blondinette, et qui le laisse vaquer à ses occupations tout content, avec un reste de superman collé sur la chemise, avec un peu, dans le cœur, de l'Apollon qui vient d'entendre qu'il est mieux que Brad Pitt.

Honnêtement, les voies de la séduction sont impénétrables.
Si l'on cherche « homme séduisant »sur google, « handsome man » et autres prometteurs intitulés, (et je vous passe les croustillants détails de ma quête), on trouve des images comme celle-ci.







Euh, sincèrement...
Comment dire...
Simplement, j'ai envie de répliquer...




Voilà, quoi.
Le google de ma tête, très rapidement, c'est plutôt ça. Pas vous ?

 

Je cherchais dans les méandres de ma petite cervelle si je pouvais trouver un fil d'Ariane à ces soupirs féminins poussés devant ces visages-là, et pas les premiers.
Au fait que ces icônes-là me fassent perdre tous mes moyens et pas les autres.
Je crois que spontanément, j'ai besoin d'élégance, mais pas seulement, parce que j'aurais bien peine à dire du brave Brad Pitt qu'il n'est pas élégant. C'est donc plus que cela...
Une élégance très digne mais un peu simple et un peu brute, je crois, quelque chose de l'habile et bon vivant, aux lèvres charnues, aux mains longues, à l’œil doux. Mûr, aussi.
Une allure flegmatique et tranquille pleine de petites bulles pétillantes dans les prunelles et dans l'esprit.








Inutile de vous dire que lorsque mon Juge-partageur de canapé constate que mes soupirs ne vont que pour des hommes soit d'un autre temps, soit très près d'y être, il est doublement rassuré : d'une part ses concurrents potentiels sont vaincus sans combat autre que la fuite des années, et d'autre part, il peut gagner en rides, sans inquiétude.


 




Attention, chéri, il te reste un petit bout d'étoile sous tes chaussures de super-héros.
Enlève-le et viens aider à mettre la table celle qui surpasse Sandrine. 

Tout le reste est littérature.









Lorsque l'on dit « homme séduisant », nous avons toutes des images qui nous viennent en tête.
J'ai osé vous présenter les miennes... Quelles sont les vôtres ?...