La pincée de Cel

jeudi 18 juin 2015

Faites vos cartons.











Bonjour les choupinous.


J'ai le cœur qui bat un peu plus vite à cet article, parce que j'ai une nouvelle pour vous.
Une nouvelle deux en un, comme le shampoing (que je n'utilise plus), une nouvelle qui mûrit depuis plusieurs mois maintenant, une nouvelle double comme les petites glaces italiennes qui fondent vite et qu'on mange là, sur les pavés, en s'en mettant plein les doigts. (Surtout celles à la noisette. Bref, je m'égare.)
Les amis, l'heure est grave.
Les amis, la Pincée de Cel va disparaître. 
Mais...
Mais...
Elle va renaître, aussi.
Ailleurs.

Lorsque j'ai commencé à écrire ici, c'était un peu un jeu, ayant vocation à rester dans les coulisses, et dans l'ombre. Pendant plusieurs années, j'ai publié sans jamais vouloir vraiment être lue par des gens qui ne me connaissaient pas dans la vraie vie, des gens qui ne devaient, pensais-je alors, pas avoir grand chose à faire de mes histoires, de mes photos ni de ma plume.
Et puis, doucement, les choses ont changé.
Vous le savez, vous qui me lisez. Peut-être êtes-vous un lecteur récent. Peut-être avez-vous vu la Pincée de Cél venir doucement sur scène, prendre peu à peu la lumière, à la faveur d'une éclosion tranquille et timide.
Peut-être étiez-vous là tout au début, peut-être que non.
Quelle que soit la manière avec laquelle vous m'avez connue, quelle que soit la durée de votre attachement ici, quelle que soit votre assiduité, je suis profondément touchée par vos apparitions, vos clins d’œil, ici, sur les réseaux sociaux, ou même simplement votre présence. Votre petit « clic ». Vous êtes des centaines à venir chaque jour me lire.
Des centaines !
Je trouve ça assez fou.




En vrai, je suis très timide. Alors, je suis touchée et surprise à l'idée que ce que je peux écrire et partager vous plaise, que vous veniez me voir, anonymes ou non. J'aime le fait que la Pincée de Cel ait évolué, et qu'elle rassemble une petite communauté de lecteurs qui lui ressemble. Je crois que cet espace, de création, de partage de mots, d'idées, de recettes, d'avis, d'images, de réflexions, cette fenêtre ouverte est jolie telle qu'elle est. (C'est le quart d'heure auto-satisfaction. Je vous assure que cette dernière est toute relative. Vous avez le droit de sauter le paragraphe, je vous aime quand même.) J'avais envie d'une promenade qui sente l'été, la campagne, le calme, l'Italie, la vraie vie, les moments gourmands, qui devise de tout et qui, libre comme un matin de vacances, reste simple et sincère. Sans être commerciale, ni professionnelle. Sans avoir d'autre utilité que de faire rêver, encore, rêver un peu plus. Un univers, mon univers, qui est timidement né et qui, sans se prendre au sérieux, me rend toute heureuse. Qui vous donne même, je le crois, peut-être naïvement, un peu de bonheur aussi, un tout petit peu.

Il est temps pour la Pincée de Cel de s'envoler encore un peu plus.
Mon espace va changer, il va changer de nom, de place, de visage.
Mais, il restera toujours le même. Son âme sera la même, exactement.
J'ai hâte... J'ai hâte de continuer à partager avec vous plein de mots.
Ces mots que j'aime tant, depuis toujours.
Ces mots qui s'envolent vers vous.

Tenez vous prêts, j'ai plein d'idées. Plein de recettes. Plein de projets de photos. De partages et de rencontres, d'idées de sujets, de conseils, d'interrogations, de promenades.
Tenez-vous prêts, il y aura des petites surprises, aussi, des cadeaux pour vous, parce que j'adore faire des cadeaux.
Tenez-vous prêts, j'aurai besoin de vous. Pour le faire savoir tout partout autour de vous, pour aider mon nouvel univers à tenir droit, droit dans ses voiles.


Il restera encore un dernier article à la Pincée de Cel, un article en préparation, qui viendra d'ici quelques jours, avant l'été. Un article avant de fermer la porte, de faire une pause, et de tout déménager.
Pour se retrouver dans une maison toute neuve.

Je disais en début d'article que la nouvelle était double, parce qu'en fait, le déménagement de mon espace coïncide avec notre déménagement à nous, en vrai. Nous restons dans notre jolie ville, nous allons simplement déposer nos cartons dans un endroit nouveau, un endroit magique, un endroit tout neuf. Une maison de bois revêtue dont la construction s'achève.
(C'est là que ceux qui me suivent sur Pinterest comprennent pourquoi j'ai épinglé quinze milles photos de cuisines-salons-intérieurs-maisons d'architectes-bibliothèques. Et encore, j'ai plein de tableaux secrets, si vous saviez. Bref.)
Un endroit imaginé juste pour nous, un peu par nous, qui a mis plusieurs années avant de se montrer prêt. La construction d'une maison est une prise de tête grave   charybde et scylla réunis  une belle aventure, et je crois que je vous en parlerai un peu, et surtout que je partagerai certains aspects avec vous. (Peut-être ici.Et ici.)

On se retrouve très vite.(Enfin j'espère. Encore maintenant , je me dis que je suis là à siffloter et que d'un coup d'un seul, tous mes lecteurs vont disparaître, en deux temps trois coups de cuillère à pot. Ma naïveté me perdra.)

Je suis impatiente de savoir vos réactions. J'espère que vous partagerez un peu de mon excitation devant ce double déménagement. J'espère que vous nous suivrez, que cela vous plaira.

Je vous envoie plein de sourires.

 







vendredi 12 juin 2015

Du pain et des cerises : cherry+quinoa cornbread






Quand nous étions petits, nous passions une partie des vacances chez notre arrière grand-mère. Il s'agissait d'une maison dans la campagne, suffisamment isolée pour qu'il n'y eût aucun nom de rue avant longtemps, et pour faire des promenades entre les champs et les pierres blanches sans croiser personne d'autre que quelques oiseaux (et quelques serpents, parfois, sans qu'il n'arrivât jamais d'accident.) Le temps a passé plus vite que la vipère, mais j'aime à me souvenir de ces périodes douces où l'insouciance de nos enfances était aveugle des soucis des adultes, et auréolait le quotidien d'un naïf optimisme, plus blanc que les pierres blanches.
C'était un peu la fête des jeux, de la paresse et de la gourmandise, et les maîtres des lieux nous permettaient à peu près tout, nous avions le droit de sortir pendant le repas des grands pour aller courir dans le champ du fond, pour courir trop vite à la balançoire (à condition de ne pas abîmer les jolis rosiers), de dormir tard le matin et de regarder la vieille télévision à trois chaînes tard le soir. La nuit, on entendait très fort les grillons, et lorsque venait l'heure de la rentrée, nous attendions avec impatience les prochaines vacances pour retrouver des jeux de sœurs, de jeux sans outils, des jeux immuables, car l'enfance sait que l'habitude rassure.
Notre arrière grand-mère nous permettait honteusement de manger à peu près n'importe quoi à toute heure – mais nous sommes, je le crois, toujours restés dans les limites du raisonnable. A croire que la gourmandise non-régulée trouve seule ses barrières.
A l'heure du goûter, elle était souvent occupée à jardiner, avec son grand tablier qui ressemblait à une chemise de nuit avec des petits boutons sur le devant, et elle nous disait souvent, les deux mains dans ses rosiers, «Oh, débrouillez-vous avec du pain et des cerises.».
Le mot, courant, est resté célèbre, et si elle avait su sa vocation à rentrer au rang des maximes familiales, peut-être aurait-elle souri.
Oui, il fallait « se débrouiller avec du pain et des cerises », c'est à dire couper une tranche de gros pain livrée par le camion à la sonnerie tonitruante de la campagne et au passage régulier, le tartiner (ou non) de beurre (salé), et grignoter cela avec quelques cerises juste cueillies. Et l'office était fait.
Aujourd'hui, je pense souvent à ces goûter simples, à l'heure où tant de choses se sont compliquées.
Et j'aimerais souvent me lever en ayant pour seul souci le chant des grillons, les rosiers de la balançoire, et les jeux immuables.
Notre arrière grand-mère est aujourd'hui centenaire, preuve, s'il y en a besoin, que se débrouiller avec du pain et des cerises, ça conserve.





Ma gourmandise de petite fille, devant les premières cerises, a eu envie de créer un pain avec les cerises dedans.
Cette recette en est donc le résultat, tellement convainquant que je l'ai réédité à plusieurs reprises. Elle s'inspire d'un cornbread à l'italienne : les Italiens mettent souvent du riz à risotto dans ce genre de pain, et moi j'ai eu envie d'y mettre du quinoa. (Ne cherchez pas.)
Toujours est-il que, cornbread à la fois compact et juste sucré comme il faut, douceur aigrelette du quinoa, et cerises inside, c'est absolument fabuleux.
C'est à mi-chemin entre le pain et le gâteau. J'adore ce genre de cake-pain, parce que l'on peut le manger tel quel ou bien (et c'est là mon régal) légèrement imbibé de miel (ou sirop d'érable) versé au dernier moment. J'adore le faire griller auparavant, ainsi, en bouche, on a le goût puissant de l'alliance quinoa+sarrasin+maïs, dans une texture compacte et fondante en même temps, et l'ensemble est apaisé par la douceur du miel (qui, cru, donne le meilleur de lui-même).





 

 

 

Cherry + quinoa cornbread

(Pain au maïs, quinoa et cerises)

VGL, GF





50g de quinoa (pesé cru)
150 g de farine de sarrasin
150 g de polenta
1 cc de bicarbonate de soude
70 g de dattes (poids net)
½ pomme
120 ml de lait végétal (ou d'eau, ou moitié-moitié)
3 càs de miel
1 cs d'huile d'olive

Faites cuire la quinoa 15 minutes, puis égouttez-le.
Mélangez la farine, la polenta, le bicarbonate, le quinoa. Ajoutez la pomme coupée en fines lamelles, les dattes dénoyautées et coupées en petits morceaux, et mélangez.
Ajoutez peu à peu le lait, puis le miel et l'huile d'olive.
La pâte doit être assez compacte. N'hésitez pas à ajouter un peu d'eau si elle n'est vraiment pas malléable.

Étalez-la dans un moule à cake huilé et enfournez à 170°C pendant 55 minutes.
Le gâteau se conserve très bien une semaine emballé dans un torchon propre, j'aime le mettre au frais mais ce n'est pas obligatoire. Il se mange bien à température ambiante, mais il est délicieux très froid, ou au contraire, légèrement grillé (à la poêle ou au four).