La pincée de cél

dimanche 31 août 2014

Le goûter de la récré ( "driiing.")




Quand la cloche va sonner, je ne vais pas pouvoir m'empêcher d'y penser.

Penser à la petite à lunettes avec son cartable un peu lourd qui passait sous le grand porche. Penser aux matins où je me demandais si j'avais assez révisé les verbes irréguliers pour l'interro d'anglais, to write wrote written, et si j'avais bien pris mon sac d'EPS, parce que oui, nous sommes en semaine B, donc il y a EPS.
Si, on est en semaine B, j'ai regardé sur l'emploi du temps au dos de mon carnet de correspondance.

Non, je ne regarde pas Hartley, cœurs à vif, mais je veux bien que tu me racontes celui d'hier. Et dans le bus on pourra s'échanger nos agendas pour y écrire des petits mots.





Tu as pris ton ticket de cantine?
(Si toi aussi tu as entendu cette phrase lève le doigt.)
Il faut que j'emmène d'autres copies doubles, je n'en ai plus dans ma pochette verte.

"Sortez une feuille.
-simple ou double?..."






Des cartouches. Quand elles sont finies, il faut les donner au fou qui collectionne les billes de cartouches. Dans toutes les classes il y a un fou qui collectionne les billes de cartouches. Mon effaceur tout rayé de bleu et blanc. Un crayon, par chez nous on dit un "crayon de bois", mais c'est un régionalisme. Un "crayon à papier", quoi. Et même un stylo-gomme que j'adorais, tu appuyais sur le bout pour faire sortir la gomme. (Pas une gomme slap-slap, si à toi aussi ce nom dit quelque chose parce que tu fais partie de la génération Tom-Tom et Nana, lève le doigt.)

 Mon crayon à paillettes, parce que oui, quand tu es une fille et que tu as 10 ans, écrire ton titre avec un crayon à paillettes, c'est trop cool.
Les paillettes du crayon à paillettes, ce sont les éclats de mes souvenirs de collégienne, ils ternissent avec le temps, dérisoires, mais, précieux, il en reste toujours un petit brillant sur le papier.
Une trace, qu'il ne faut pas regretter, d'un passé joli et révolu, avec de la lumière et de l'ombre.
Une petite bille de cartouche.

Prends un goûter pour la récré.
Un pitch à la fraise. Vous n'aviez pas ça, les pitchs? Un balisto.

Et les Figolus. Des petits sablés fourrés à la figue, assez tendres en bouche.
Tendres comme des mots sur un agenda.





Je vous en propose une version (un peu plus) saine et maison, très agréable à faire, et j'oserais affirmer qu'elle est meilleure que l'originale, si je ne gardais pas ce petit goût spécial en tête comme une saveur d'enfance qui ne saurait être détrônée.




Enfin, bref, que vous connaissiez ou non les Figolus, essayez ça, parce que c'est vraiment bon!


































 Pour environ 25 biscuits
(ou un paquet de Figolus maison)

30 g de farine de maïs
100g de poudre d'amande (ou d'amandes moulues)
120 g de farine T65
100 g de sucre blond
50 g de purée d'amande blanche
50 g de beurre
1 œuf

100g de figues sèches


 Nota : on peut omettre le beurre et le remplacer par 50 g de purée d'amande. C'est bon, mais je dois avouer que j'ai préféré cette version. On peut aussi remplacer l’œuf par une cuillère à soupe de crème de soja.
J'aime bien l'alliance de la farine de maïs, qui donne une légère couleur jaune, avec l'amande dans cette pâte sablée, mais on peut également mettre seulement 250 g de farine blanche.










-Une heure avant environ, mettez à tremper les figues découpées en petits morceaux dans un bol de thé (ou d'eau chaude.)


-Préparer la pâte sablée:
Mélangez les farines, la poudre d'amande, une pincée de sel et le sucre dans un grand saladier.
Dans un autre, faites fondre le beurre, et ajoutez-y la purée d'amande.
Ajoutez ce dernier mélange au mélange sec. Pétrissez : si la pâte est trop sèche, ajoutez un peu d'eau, si elle est trop humide, farinez-la légèrement.
Formez une boule, filmez-la et mettez-la au frais pour une heure au moins.

-Préparez la pâte de figues :
Mixez les figues au blender (en plusieurs fois si nécessaire) avec un peu de leur eau de trempage pour faciliter le mixage.

-Préparez les biscuits :
Étalez la pâte en rubans. (J'ai obtenu 6 rubans avec cette quantité.)
Étalez la purée de figue sur 3 rubans. (Soyez généreux, j'ai mis plusieurs essais à comprendre qu'il ne fallait pas hésiter à bien garnir la pâte.)
Recouvrez les rubans garnis avec les 3 autres rubans.
Soudez délicatement le bord avec des doigts humides.
Découpez à l'aide d'un couteau bien aiguisé des carrés.

(Vous pouvez marquer le dessus de ces carrés avec une fourchette ou une planchette à gnocchi, comme j'ai essayé de le faire, mais la figue a tendance à s'échapper, et, honnêtement, ils sont bons même sans petites rayures.)

Mettez les carrés dans un plat recouvert de papier cuisson et réfrigérez pendant au moins 2 heures.
[Vous pouvez alors congeler une partie des biscuits, il vous suffira de les sortir du congélateur et de les faire cuire quelques minutes de plus un jour d'envie pressante de figolu.]

Faites cuire les biscuits
20 minutes à 175°.
Sortez-les et placez-les sur une grille.
 Les biscuits se gardent quelques jours dans une boîte hermétique (ils sont moins croquants mais prennent encore plus le parfum de la figue.)












Si vous amenez ça à vos collègues, attendez-vous à un concert d'exclamations nostalgiques et pleines d'une gourmande complicité. A croire que le Figolu n'a pas d'âge, comme les billes de cartouches, et les sonneries de rentrée, sur cette terre de petits dos courbés sous les cartables et de crayons à paillettes.





mercredi 27 août 2014

La salade de l'écureuil, et une mise au point

Le réveillon sur l’herbe s’achève.

http://pinceedesel.blogspot.fr/2012/10/divine.html


C’est le début d’autre chose, le premier jour du reste à venir, la fin d’une page et le début d’une autre.
Dans ces jours-là, moi, j’aime bien faire un brin de ménage. Oh, je ne parlerais pas de « bonnes résolutions », parce que je n’aime pas trop cette idée, je ne veux pas limiter à un seul moment de l’année les éventualités de changement, et puis, je ne veux pas devenir mon propre censeur/professeur/moralisateur. (J’ai déjà assez de mal à être indulgente avec moi comme ça.)
Donc, pas de résolutions, mais un grand ménage de printemps rentrée.
Un ménage en vrai, chez moi, des grands sacs de « ça pourrait servir » donnés, ou jetés. Mes anciens cours, comme d’habitude, jetés, des pochettes vides et propres sur le dessus de mon bureau, des crayons neufs dans ma trousse.
Un nouveau carnet de notes tout neuf, rose, parce que j’ai décidé que l’année scolaire serait girly, et parce qu’il se repérera vite dans mon sac. Une nouvelle pile à ma montre, des vêtements bien triés, même le diffuseur d’huiles essentielles est tout désinfecté et propre.

Plusieurs nouveautés s’annoncent dans les mois à venir. Je ne peux pas tout vous dire, mais l’année 2015 sera sûrement d’une jolie richesse.




Alors, cette envie de pureté et de propreté accompagne aussi mon rapport avec internet, avec ici, avec les réseaux sociaux. J’ai longtemps réfléchi à ce que j’allais vous dire, à comment j’allais vous le dire.

Depuis bientôt trois ans, la petite pincée de Cél est ouverte. J’avais créé cet espace sur un coup de tête, comme on ouvre un livre, par curiosité. Je l’avais appelé ainsi sans trop réfléchir, parce que je m’appelle Céline, que ceux que j’aime m’appellent Cél, et que j’avais envie d’écrire un peu, de faire un espace-condiment de ma vie, juste une occasion simple de bavarder de choses essentielles comme de détails et d'anecdotes. Un salon de thé qui permette de se détendre et d’échanger, que j’imaginais totalement confidentiel, lu par une poignée de personnes, puisque j’en avais caché l’existence à tous ceux qui me connaissent.

Puis, au printemps dernier, ça a un peu changé, par ici. Vous avez été de plus en plus nombreux, à venir, à me lire, mieux encore, à vous manifester, à communiquer votre enthousiasme, à m’écrire des petits mots plus gentils les uns que les autres. Ils ont, tous, eu une vraie valeur pour moi, soyez-en sûrs. Ils m’ont encouragée, ils m’ont fait imaginer que j’avais peut-être un talent quelconque pour l’écriture, ou pour le partage des choses que j’aime, des histoires, et des recettes bien-sûr.
Ce petit blog, tout amateur, qui n’avait jamais eu la prétention d’être un vrai blog digne de considération, est devenu un peu plus. Cette simple affirmation me fait rougir, parce que je ne sais pas comment vous remercier, ni comprendre pourquoi vous venez ici.
En parallèle, je me suis faite plus présente sur les réseaux sociaux, sur Facebook et (encore plus) sur Instagram. Grâce à eux, beaucoup d’entre vous m’avez connue. Grâce à eux, j’ai pu partager pas mal de petits déjeuners avec vous, de ciels enflammés et d’instantanés de vie. Grâce à eux, j’ai croisé en images et en courts échanges des centaines, des milliers de personnes de plein d’endroits en France et dans le monde que je ne connais pas vraiment mais dont j’ai eu le temps d’apercevoir une étincelle de l'éclat, un iota de leur vraie brillance.
Mais, à cause de ces réseaux, j’ai l’impression d’avoir perdu aussi beaucoup de temps.
Oh, ne vous méprenez pas, je ne veux pas dire que partager une jolie photo gourmande avec vous est une perte de temps pour moi. Simplement, j’en étais arrivée à un stade où je ressentais plus de malaise vis-à-vis de tout cela que d’ondes positives.
J'avais l'impression que cela ne me ressemblait pas totalement.
Alors, que faire ? Peu à peu, je réajustais mes sentiments et mon attitude à ce sujet, mais les ajustements successifs ne me plaisaient jamais vraiment.
Et puis, pendant tout ce temps, j’écrivais aussi ici, je publiais encore des petits textes et des petites recettes, ces dernières ayant toujours plus de succès que ces premiers.
J’ai fini par me dire, pendant mon été, et encore plus pendant mon nettoyage de pré-rentrée, que je devais soigner cette histoire une bonne fois pour toutes. Réajuster encore. Avec douceur mais pour me sentir mieux.

J’avais délaissé un peu mes livres, ma guitare, mes photos, et même, à moindre mesure mais quand même un peu, les liens que j'entretiens avec ceux qui me sont chers et que je connais pour de vrai. Vous allez peut-être me trouver très prétentieuse de parler ainsi, comme si j'évoquais une certaine rançon du succès : je vous assure que cela n'a rien d'un quelconque orgueil, et j'oserais affirmer que la vanité m'est plutôt étrangère, si cette affirmation elle-même n'était pas porteuse d'une trace de prétention suffisante pour que son emploi m’embarrasse.

On ne peut pas tout partager, je suis toute désolée de ce constat, et je crois que j’ai besoin, pour m’en souvenir, de couper certains fils.




Alors, j’ai choisi.

Cette pincée de Cél, même imparfaite, même trop pleine d’histoires et pas assez de cuisine pour beaucoup, même très amateure, même pleine d’articles souvent rapides, de qualité totalement inégale, elle fait partie de moi, et je l’aime trop pour la quitter. Elle, lorsque je n’y vais pas pendant plusieurs jours, même plusieurs semaines, je ne m’en sens pas dépendante. Avec elle, je me sens libre. Je ne pourrais vous expliquer pourquoi, ni pourquoi je me sens moins libre avec le reste. Elle n'est pas un catalogue rapide de ma vie, ni de mes recettes, mais elle est une petite fenêtre ouverte sur de la poésie, des idées, des détails gourmands et des questionnements.
Elle est sans étiquette.
Une danse sans chorégraphie.



Elle est l’occasion pour moi d’échanger des pensées, de dire pourquoi j’aime les volets ouverts, les collants rouges, de vous raconter que j’ai une drôle de particularité physique, ou de réfléchir avec vous sur la fin du monde.
Elle est, aussi, l’occasion de partager des idées gourmandes, des repas foot, des cookies qui chez nous sont toujours « en double », des petits-déjeuners habituels ou gourmands comme des cadeaux.
 Elle est enfin, comme elle l’était dans son tout premier article, l’occasion de livrer des fragments de voyages, à Londres, à Paris, ou dans ma si chère Italie.



Voilà ce qu’elle est, et ce qu’elle restera.
J’aime en cultiver ces aspects, j’aime me réjouir comme une petite fille des prochains articles à venir, parce que oui, j’ai plein d’idées. Mais j’ai surtout une envie, celle de me laisser porter par mes envies, de publier à mon rythme. Celle de délaisser les réseaux sociaux pour privilégier à la fois mes proches et ces échanges, ici, pour faire plein de photos, pour ici ou juste pour moi, pour lire avec encore plus d’attention les mots, même si je ne répondrai peut-être pas toujours, les mots délicats comme des tierces majeures que vous avez la tendresse de déposer dans cette petite clairière qui est un peu chez moi et que j’aime.
Merci à tout ceux d’entre vous qui l’aiment également, telle qu’elle est.
Bonne route à ceux qui la délaisseront parce qu’ils cherchent autre chose, merci de votre passage dans ma vie, qui, comme tous les passages, a apporté son lot de fleurs fraiches.
Et tout ceux qui resteront, qui auront envie de me retrouver, ici et pas ailleurs, soyez sûrs que je vous aime, vraiment.
De la douceur et de l'amour, c'est très mièvre comme affirmation, mais j'en ai à revendre, et j'aime à penser cet espace comme un champ pour semer des petites graines comme des grains de s/cel.
Mais à mon rythme. Et désormais, sans être ailleurs. 




J’en ai profité pour ranger, ici, comme la dernière pièce de ma maison. Créer un sommaire, trier, sourire de détails écrits il y a bien longtemps maintenant. Classer. Cela m'a pris du temps. J’espère que vous aimerez vous balader dans ce joyeux labyrinthe-bazar, qui n’a rien du chef d'œuvre, qui a même certains aspects qui ne me ressemblent plus trop maintenant, mais qui font partie de mon parcours et donc un peu de moi.


Je laisse les pages FB, IG, Pinterest actives, même si je risque de ne plus m'y rendre du tout. Je leur suis reconnaissante de permettre à d’autres lecteurs de découvrir ces pages, grâce aux partages de liens : c’est grâce à cela que beaucoup d’entre vous me lisez, et que certains autres, peut-être, nous rejoindrons.

J’en serais très heureuse. 







Je suis désolée d'avoir été aussi longue, il me semblait juste que je vous devais cette mise au point.
 Si on mangeait quelque chose, maintenant?




Une petite salade de rentrée, simple et efficace.
Des petites lentilles beluga qui viennent de quelques kilomètres de chez moi, mais qui se trouvent facilement en magasin bio. Elles ont l'avantage de cuire très vite, et d'avoir un petit goût de noisette.
Des noisettes, justement, pour aller avec, parce que j'ai appris avec frayeur leur future pénurie!
Un pâtisson, remplaçable par du potimarron, qui commence à arriver. (Mon grand régal devant l’Éternel, je faisais des bonds en serrant le premier contre moi.)
Les derniers haricots verts frais, parce qu'ils sont copains de noisettes...
Enfin, cela va plutôt bien ensemble, tout ça.


La salade de l'écureuil
(Pour deux personnes)

Un pâtisson
2 poignées de haricots verts frais
2 poignées de noisettes
150 grammes de lentilles beluga

Pour la sauce :
4 cuillères à soupe d'huile de noix
1 cuillère à soupe de vinaigre balsamique
sel, poivre, gomasio

 




Préparez le pâtisson : retirer les pépins et le découper en bouchées.
Peignez-le un peu d'huile d'olive avec un pinceau (ou avec les doigts)
Salez, poivrez, et enfournez pour 25 minutes à 180°. (Si c'est un potimarron, laissez-le 10 minutes de plus.)
Profitez-en pour torréfiez les noisettes : enfournez-les à sec 15 minutes.




Préparez les haricots, et faites-les cuire 10 à 15 minutes dans de l'eau bouillante, pas plus.

Faites cuire les lentilles 15 minutes dans de l'eau bouillante.

Assemblez le tout, ajoutez la sauce et dégustez chaud, tiède, ou froid, tout fonctionne!